Lycée Clémenceau

« 2009, L’ANNÉE D’APRÈS… » par François PILET, proviseur du Lycée Clemenceau

Après les nombreux moments intenses que nous avons vécus pendant l’année du bicentenaire, on éprouve forcément un sentiment de vacuité. 2009, l’année d’après ? Les générations qui arrivent poussent pourtant pour tenir leur place à leur tour sur les photos de classe et figurer dignement dans les palmarès. Rémi Morilleau en est le symbole, entré avant hier en Classe Préparatoire scientifique, entré hier major à l’X, sorti aujourd’hui toujours major de la prestigieuse école. A peine élève, déjà ancien élève.

François PiletAprès les nombreux moments intenses que nous avons vécus pendant l’année du bicentenaire, on éprouve forcément un sentiment de vacuité. 2009, l’année d’après ? Les générations qui arrivent poussent pourtant pour tenir leur place à leur tour sur les photos de classe et figurer dignement dans les palmarès. Rémi Morilleau en est le symbole, entré avant hier en Classe Préparatoire scientifique, entré hier major à l’X, sorti aujourd’hui toujours major de la prestigieuse école. A peine élève, déjà ancien élève. Alors que retenir de « l’année d’après » ?

 

Des succès, bien sûr ! et la promotion 2009 n’a rien à envier à ses aînés même si la maison recule un peu dans les palmarès. Des résultats au baccalauréat proches du grand chelem avec une augmentation des mentions très bien qui gagne les filières littéraires et économiques. Une réussite dont nous sommes plus particulièrement fiers : Quentin Berrou, tétraplégique, interne pendant ses deux années de prépa, qui intègre Centrale Nantes.

 

Des réussites collectives et la satisfaction d’accompagner chacun au meilleur de ce qu’il peut espérer : de moins en moins d’étudiants nous quittent en cours de cursus ou sans obtenir au moins un concours. Des traditions qui disparaissent (que va devenir le 11 novembre sans la fanfare de l’adjudant Hardy ?) et d’autres qui s’installent solidement : concerts, expositions, performances diverses, spectacles en préparation chez les étudiants (hypo-khâgne) et les personnels (c’est sans doute le syndrome « sacré Charlemagne ») ; déjeuner annuel des anciens pions, arbre de Noël, bal de fin d’année ; livre de l’année des terminales et, évidemment, « les têtes de l’Art », rendez-vous incontournable des élèves en fin d’année. La roue tourne d’autant plus vite que les élèves d’aujourd’hui passent bien moins de temps au lycée qu’autrefois : trois ans de second cycle pour la plupart ; quelques-uns seulement poursuivant en Classe préparatoire. Evidemment, il y a des exception et des destins qui semblent liés à celui du lycée.

Saluons ainsi le parcours exemplaire de Pascal Bertin :

 

Entré en seconde T.M.D. (ex : F11), classe technologique destinée à des élèves musiciens (il est pianiste), il fait trois brillantes années qui l’amènent à une mention très bien au baccalauréat T.M.D., passe en terminale S, obtient une mention très bien au bac S, est admis en classe préparatoire scientifique toujours à Clemenceau, réussit le concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, réussit l’agrégation de Physique et effectue depuis la rentrée 2009, deux remplacements successifs en classe préparatoire où cela, à votre avis ? Au lycée Clemenceau, bien sûr ! Chez les anciens comme chez les plus jeunes perdure un sentiment particulier : celui d’avoir le privilège de vivre et de travailler dans un environnement matériel et humain exceptionnel qui permet l’accès à l’excellence. De là est né l’idée d’une expérimentation qui nous occupe depuis une bonne année à partir du programme BRIO (*) dont nous sommes partenaires-fondateurs.

fanfare lycée clemenceau

Et si l’on ouvrait les portes de cette maison, non seulement aux meilleurs bacheliers triés sur le volet mais à des jeunes filles et jeunes gens méritants de milieu modeste, parviendraient-
ils, grâce à ce contexte, à hausser le niveau de leurs ambitions et à accéder avec succès à des filières d’enseignement supérieur long ? Une quarantaine de professeurs du Secondaire et des classes préparatoires se sont attelés à la tâche, ont imaginé des programmes, construit des parcours à leur intention.

 

Nous avons ainsi recruté au sein d’une classe expérimentale (la « pré-sup ») une vingtaine d’étudiants du grand Ouest, tous boursiers, qui ont fait leur rentrée en septembre 2009. Issus des trois filières de l’enseignement général, ils suivent un tronc commun à base de culture générale, de communication, d’enseignement et de pratique artistique et culturelle et des modules de spécialité en fonction, non de leur origine scolaire, mais de leur projet d’orientation. Ils sont également invités à aller au spectacle, faire des visites, participer à des voyages d’étude (un à Paris en début d’année, un autre en Irlande en fin de cursus). Seront-ils aspirés dans le sillage de leurs homologues des classes traditionnelles et accèderont- ils en fin d’année aux formations de leur choix ?
C’est le pari que nous faisons mais vous ne le saurez que dans la prochaine livraison de votre « vieux bahut » que vous ne manquerez sous aucun prétexte.

 

François PILET

 

(*) Lancé en collaboration avec Audencia et Centrale Nantes, ce programme repère dans tous les lycées de l’agglomération nantaise des lycéens boursiers de bon niveau mais
d’ambition limitée. Ils sont pris en charge sur les deux années du cycle terminal et parrainés par des étudiants des écoles. On se propose de leur faire acquérir le bagage culturel et social qui leur fait défaut pour accéder avec de raisonnables chances de succès à des filières d’enseignement supérieur long. Ce programme a reçu en 2009 le label national « cordées de la réussite ».